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 Le chemin sanglant de Khârn

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MessageSujet: Le chemin sanglant de Khârn   Dim 15 Sep - 11:31:39

Je ne savais pas trop où mettre ça. C'est le récit d'une bataille de Khârn parue dans un WD, que j'ai retrouvé sur le net. Copyright GW et tout.
C'est ce qui m'a lancé sur la voie de Khorne, alors pour vous petite séquence émotion:

« Du Sang pour le Dieu du Sang ! » psalmodia Khârn le Félon, tandis qu’il chargeait comme un dément au travers des tirs de bolters provenant du temple de la Suprême Indulgence. Les balles explosives qui ricochaient sur son plastron ne ralentissaient même pas sa course. Sous son casque grimaçant, le Space Marine du Chaos esquissa un sourire narquois. L’antique céramite de son armure le protégeait depuis plus de dix milles ans ; il était peu probable qu’elle le trahisse aujourd’hui. Tout autour de lui, des guerriers tombaient, hurlant de douleur et d’angoisse, tentant pathétiquement de tarir les flots de sang qui jaillissaient de leurs blessures.

«Encore des âmes qui seront sacrifiées sur l’autel de guerre du Seigneur des Carnages », se dit Khârn, avec un rictus bestial. A n’en point douter, le Dieu du Sang serait amplement satisfait de la moisson du jour.
Devant lui, Khârn vit un de ses compagnons Berserks s’effondrer, le corps déchiquetée par les balles, son armure fendue et liquéfiée par un jet de plasma. Le guerrier poussa un bref cri de rage et de frustration, comprenant que son œuvre ici-bas touchait à sa fin, qu’il ne participerait pas au massacre à venir et que plus jamais il ne pourrait faire d’autres offrandes à Khorne. De dépit, le mourant démarra son épée tronçonneuse et se décapita lui-même, en un ultime hommage à son maître. Un geyser de sang s’échappa de son cou, comme si le Space Marine du Chaos avait voulu une dernière fois étancher la soif de Khorne.
Dépassant le cadavre, Khârn donna un coup de pied dans la tête tranchée, l’envoyant voler par-dessus le muret des défenseurs. Au moins, de cette façon, le guerrier pourrait assister à la mise à mort des adorateurs de Slaanesh durant ses derniers instants de conscience. En de telles circonstances, c’était là l’ultime récompense que Khârn pouvait offrir à ce brave.

Escaladant un amas de corps, le Félon ouvrit le feu de son pistolet à plasma. Un des serviteurs de Slaanesh s’écroula, éclaboussant les ruines de son visage fondu. La Carnassière, la hache démoniaque de Khârn, mugit dans sa main. La brandissant au-dessus de sa tête, il défia les cieux jaunâtres et torturés du monde démon.
« Des crânes pour le Trône de Crânes ! » hurla-t-il. Partout sur le champ de bataille, les Berserks galvanisés reprirent son cri de guerre. Une nouvelle pluie de tirs s’abattit sur lui, qu’il ignora, comme il aurait dédaigné les assauts de quelque minuscule insecte. D’autres de ses hommes tombèrent, fauchés par les rafales, mais rien ne semblait pouvoir atteindre Khârn. Protégé par le Dieu du Sang, il était convaincu que son heure ne viendrait pas encore aujourd’hui.

Jusqu’à présent, tout se déroulait selon ses plans. Des milliers de guerriers de Khorne progressaient au travers de la plaine ravagée par les cratères d’obus et affluaient vers la citadelle des adorateurs de Slaanesh. Le tir nourri de l’artillerie des Titans du Chaos en avait réduit les remparts à l’état d’amas de ruine et la grande majorité des murs d’enceinte aux couleurs chatoyantes avaient été purement et simplement atomisés par leurs assauts. Les minarets obscènes qui dominaient autrefois l’édifice n’étaient plus que décombres fumants, et les immenses statues, dont les postures équivoques étaient autant d’outrages à la nature, gisaient à présent sur le sol, telles les dépouilles d’étranges géants aux yeux de marbre.

Alors que Khârn contemplait la scène, une nouvelle salve de missiles tomba du ciel et dans un fracas assourdissant réduisit une autre section de murs en gravas. Les explosions résonnant comme le tonnerre, les lourds nuages de poussière qui obscurcissaient l’horizon, les débris sanguinolents qui tombaient autour de lui, tout cela fit rugir dans les veines de Khârn la terrible jouissance du massacre.
Telle était le mobile qui le poussait encore et toujours à se battre, même après cent siècles de tueries ! L’extase de la victoire, le plaisir de voir le sang couler et de prouver à chaque nouvelle bataille qu’aucun guerrier n’était son égal. Le champ de bataille était son foyer, l’endroit auquel chaque fibre de son corps aspirait. C’était cela qui l’avait poussé à trahir son serment d’allégeance à l’Empereur de l’Humanité, à renier son héritage génétique de Space Marine et même ses anciens compagnons d’armes de la Légion des World Eaters. Et jamais au grand jamais ne serait-ce qu’un instant, il n’avait regretté ses actes. Le voile rouge de la bataille effaçait tout, même le remord, si tenté qu’il en ait jamais eu.
D’un bond, Khârn franchit le fossé qui le séparait du parapet, sans se soucier des pointes empoisonnées qui en garnissaient le fond et promettaient une mort extatique à l’infortuné qui irait s’empaler dessus. Escaladant les éboulis, il sauta par-dessus le mur, écrasant le visage d’un des défenseurs de ses énormes bottes. L’homme tomba à la renverse en hurlant, le sang ruisselant de la bouillie informe qui avait été son nez. D’un revers de la Carnassière, le Champion de Khorne mit un terme définitif à ses lamentations.
« La mort est sur vous ! » grogna-il, alors qu’il plongeait sur la masse des adorateurs dépravés. La Carnassière entama sa danse macabre, ses dents acérées mordant dans la céramite avec un rugissement déchirant. La victime, ouverte de l’estomac au sternum, regarda ses entrailles se répandre sur le sol avec horreur. D’un coup de poing d’une violence inouïe, Khârn l’envoya alors voler au loin et poursuivit son chemin sanglant dans les rangs des serviteurs de Slaanesh.
A l’arrière, le chef des défenseurs aboyait frénétiquement ses ordres, mais trop tard. Khârn était sur eux, tel un ange exterminateur venu juger leurs pêchés. Peu d’entre eux verraient se lever un nouveau jour.
Les nombres 2243, puis 2244 clignotèrent devant ses yeux. L’affichage digital rouge du compte-morts augmentait frénétiquement, se superposant à son champ de vision. Khârn était fier de cet artefact archaïque que le Maître de Guerre Horus en personne lui avait jadis légué. Le secret de ce genre de merveille technologique était irrémédiablement perdu aujourd’hui, en cette époque décadente. Le Félon libéra un râle de satisfaction en voyant le score de cette campagne augmenter aussi rapidement en hommage au dieu des carnages. Mais il était encore très loin de son propre record.
Les plaintes des mourants, le craquement des os et les cris d’épouvante des fuyards sonnaient comme une douce musique aux oreilles de Khârn. Bientôt, les Berserks apparurent à leur tour par-dessus le mur et submergèrent les dernières poches de résistance. Démoralisés, les survivants prirent la fuite.
Ces poules mouillées étaient à peine dignes d’être tuées par sa hache, décréta Khârn en abattant ceux qui passaient trop près. 2246, 2247, 2248… Les chiffres défilaient à l’écran du compte-morts. Mais il était temps de se consacrer à sa mission, de trouver ce qu’il était venu détruire : un artefact démoniaque d’une indicible ancienneté, auquel les grimoires se référaient sous le nom de Cœur des Désirs. La boucherie pouvait attendre.
« A l’attaque ! » rugit-il, se ruant vers la bouche sensuelle de la statue de pierre irisée qui, à quelque centaines de mètres de là, constituait le portail du temple principal.
L’intérieur de l’édifice était calme, le grondement des combats ne parvenant pas à pénétrer les murs. Dans l’air flottaient d’étranges parfums qui paraissaient provenir des parois à l’aspect poreux, presque organique. La lumière rosâtre qui baignait les lieux ne provenait pas d’une source unique, mais semblait émaner de l’atmosphère elle-même. Khârn brancha les systèmes auto senseurs de son casque, craignant un piège.
Soudain, des prêtresses aux maquillages livides et aux parures de cuir surgirent des passages latéraux. Elles assaillirent Khârn de leurs longs fouets, dont les morsures provoquèrent en lui des spasmes de douleur et de plaisir. Tout homme normal aurait été submergé par ces sensations, mais pas Khârn. Pour lui, elles n’étaient qu’un pâle reflet de l’extase du combat dont il se gorgeait depuis dix mille ans. D’un revers de sa hache, il trancha l’un des fouets, provoquant les cris de souffrance de la femme auquel il appartenait. C’est alors qu’il réalisa que la prêtresse et son arme n’étaient qu’une seule et même créature : une tête de démon, incrustée dans le manche, avait résolument planté ses crocs dans le poignet de la servante de Slaanesh, l’unissant corps et âme avec l’instrument de torture. Mais ces horreurs n’impressionnaient nullement Khârn qui tua la prêtresse d’un coup de la Carnassière.

Une clameur empreinte de haine et de rage l’avertit d’un nouveau danger. Se retournant d’un bond, il vit un de ses Berserks, à la force de caractère moins forgée, succomber au maléfice des fouets. Par son casque défoncé, on pouvait apercevoir un sourire béat qui n’avait pas sa place sur le visage d‘un serviteur de Khorne. Tel un somnambule, le guerrier marcha vers Khârn en démarrant son épée-tronçonneuse. Sans le moindre état d’âme, le Félon abattit son arme sur le crâne du traître, souillant les murs des résidus de sa cervelle.

Un rapide coup d’œil l’informa que seul ce guerrier avait été envoûté par les fouets des femmes. Les autres Berserks semblaient être resté fidèles au dieu du massacre et toutes les prêtresses gisaient désormais au sol, délicates silhouettes aux membres d’albâtre baignant dans des mares de sang. « Parfait », pensa Khârn, malgré qu’une partie de lui-même regrettât qu’un seul de ses hommes l’eût trahi. Il était plaisant de se mesurer à de vrais combattants, et non à quelques mignons efféminés comme les adorateurs du Dieu des Plaisirs. Dans la paume de sa main, la Carnassière mugit de frustration, semblant le menacer de se retourner contre lui si sa soif de sang n’était rapidement étanchée. Khârn le Félon pouvait comprendre cette impatience ; néanmoins, il fit signe à ses compagnons de la suivre alors qu’il s’élançait dans le couloir.
« En avant ! » leur ordonna-t-il. « La tuerie ne fait que commencer ! »
Franchissant une arche immense, les Space Marines renégats atteignirent l’enceinte intérieure du sanctuaire et Khârn comprit qu’il avait trouvé ce qu’il était venu chercher. Une lueur changeante passait au travers du plafond de verre teinté. Soudain, il réalisa que la lumière ne venait pas d’au-delà du verre, mais en émanait directement. Les ornements et les volutes luisaient d’une clarté irréelle et semblaient ramper sur le plafond. Le bas-relief mouvant représentait des hommes, des femmes, des mutants et des démons entremêlées se livrant à des perversions que seuls les serviteurs dégénérée du culte de Slaanesh étaient capables d’imaginer. Et Khârn put constater que ces derniers ne manquaient pas d’imagination.

Levant son pistolet, il ouvrit le feu vers la surface iridescente, mais ses salves d’énergie furent absorbées par la substance translucide. Il lui sembla qu’un soupir de plaisir emplissait alors l’immense salle, tandis qu’un rire moqueur attirait son attention vers le trône qui dominait le fond de la salle. Celui-ci avait été taillé dans une gemme aux proportions démesurées et rutilait de mille feux, passant sans arrêt d’une nuance de couleur à l’autre sans la moindre cohérence. A n’en point douter, il s’agissait du Cœur des Désirs. Khârn, dont les sens avaient été aiguisés par les siècles d’exposition à la puissance brute du Chaos, ressentit immédiatement le pouvoir qui en émanait. A l’intérieur se trouvait l’essence d’un prince démon, probablement retenu captif par Slaanesh en punition d’une quelconque trahison. Quand à l’homme assis sur le trône, c’est à peine si Khârn y prêta attention.

Manifestement, l’individu n’était pas davantage impressionné. Sa main gauche caressait négligemment la chevelure de la femme dénudée tenue en laisse à ses pieds, tandis que sa main droite faisait de même avec la garde d’une épée runique dont la lame obscène palpitait d’une lueur malsaine.
Résolument, Khârn s’avança vers ce nouvel ennemi. Le martèlement des bottes de céramite l’avertit que les autres Berserks arrivaient à leur tour dans le hall, prêts au combat. En un clin d’œil, le Champion de Khorne se retrouva au pied du trône, lorsqu’une force mystique invisible interrompit brusquement sa progression.
Khârn se doutait bien qu’il faisait enfin face au chef du culte. Celui-ci portait toutes les marques infamantes d’un serviteur de longue date du prince des perversions ; sans doute son dieu lui avait-il accordé, comme à Khârn, le don de la vie éternelle. Son visage blafard était couvert de maquillages efféminés tandis qu’un casque à la forme évocatrice le couronnait. Alors qu’il se levait, sa cape rose et verte ondula, révélant la fine armure de cuir clouté qui dissimulait mal son torse nu couvert de tatouages.
« Bienvenu dans le Cœur des Désirs, » susurra-t-il d’une voix à peine audible qui, paradoxalement, résonna d’un bout à l’autre de la salle. Khârn se mit immédiatement sur la défensive, sentant la magie que recelaient ces mots, capables d’anéantir la volonté des mortels et de les plier au moindre de ses caprices. Le Félon lutta pour préserver sa furie des effets apaisants des paroles de prêtre. « Que viens-tu chercher ici ? »
« Ta mort ! » rugit le Félon, bien qu’il sentît sa soif de violence décroître sous l’influence de la voix.
Le Maître du Culte soupira. « Vous autres adorateurs de Khorne êtes si prévisible ! Toujours les mêmes obsessions. Quel ennui ! Je suppose que cela vous vient de cette divinité monomaniaque que vous adorez. Enfin, je ne peux pas te blâmer pour la bêtise de ton dieu…»
« Quand Khorne dévorera ton âme tu te repentiras de ces blasphèmes ! » hurla Khârn. Derrière lui, les Berserks crièrent leur approbation, mais avec un peu moins d’enthousiasme qu’il ne l’aurait voulu. Sur le trône, l’homme eut un léger rire et secoua la tête. Tant d’hommes armés ne semblaient pas l’inquiéter outre mesure.
« Permets-moi d’en douter, mon ami. Voilà bien longtemps que mon âme appartient à Slaanesh, le Trois Fois Bénis. A moins que Khorne n’enfonce ses serres dans la gorge de mon dieu, ou dans n’importe quel autre de ses orifices, je vois mal comment il pourrait se l’approprier. »
« Je vais te faire ravaler tes insultes, » lança Khârn. « Ton heure est venue ! »
« Sois raisonnable, » répondit l’adorateur, levant la main. Tout à coup, Khârn sentit un flot de plaisir envahir son corps, un peu comme les fouets, quelques minutes plus tôt, mais en mille fois plus puissant. Autour de lui, ses hommes se mirent à gémir.
« Réfléchis ! Je t’offre une éternité de plaisirs, caressé par la puissance du seigneur Slaanesh, tandis que ton âme pourrira lentement dans l’extase de son étreinte. Tes souhaits les plus inavouables seront exhaussés ! Tout ce que tu as à faire, c’est prêter allégeance à Slaanesh. Bien peu de chose, en fin de compte… »
Alors que le chef des adorateurs parlait, des images défilaient devant les yeux de Khârn. Il revit sa jeunesse et ses joies d’alors, avant la révolte d’Horus et la bataille de Terra. Tout cela semblait si proche, si récent. C’était pourtant vieux de dix mille ans. Peut-être, en cet instant, y eut-il une trace d’humidité dans les canaux lacrymaux desséchés du guerrier éternel. Peut-être. Il vit également de gigantesques banquets, avec des victuailles et du vin à foison, apportant à son palais les sensations inconnues de saveurs merveilleuses. Des visions suggestives de femmes nues dansèrent devant lui, semblant l’inviter à prendre part à des orgies telles que l’esprit humain ne peut en concevoir sans s’enfoncer dans la folie.
Le temps d’un éclair, Khârn eut l’improbable tentation de trahir le Dieu du Sang. L’adorateur maîtrisait indéniablement de puissants maléfices ! Il secoua la tête et se mordit la lèvre jusqu’au sang. « Aucun guerrier de Khorne ne tomberait dans un piège si ridicule ! » clama-t-il.
« Rendons gloire à Slaanesh ! », hurla soudain un de ses compagnon.
« Louons le Maître des Plaisirs ! » reprit un autre.
« A genoux et honorons-le ! » cria un troisième, joignant le geste à la parole.
Khârn lança à ses hommes un regard ou se mêlaient mépris et incrédulité. Finalement, aucun n’avait ne serait-ce qu’un soupçon de sa volonté de fer. Sur leurs visages apparaissait l’influence corruptrice du Prince des Plaisirs, transformant ces guerriers qui avaient été de fiers Berserks de Khorne en pitoyables reflets de la femmelette siégeant sur le trône.
« Tuez-le ! » hurla l’adorateur à leur attention. « Offrez l’âme du Félon à Slaanesh l’Immortel et recevez la récompense de l’éternelle extase ! »
Le plus proche Berserk leva son arme et appuya sur la détente. Khârn évita la rafale de justesse et laissa la Carnassière faire son œuvre. La féroce hache tronçonneuse laissa derrière elle un corps sectionné en deux au niveau de l’abdomen, tandis que l’âme du traître partait tout droit en Enfer.
Mais le reste des Berserks était déjà sur lui, et Khârn dut se battre pour sa vie immortelle. Ceux-là n’étaient pas de vulgaires serviteurs issus des sectes décadentes de Slaanesh. Même sous l’emprise du Dieu des Plaisirs, ils restaient des combattants aguerris, des chiens de guerre formés selon les principes de Khorne et dont la furie meurtrière n’avait rien à envier à celle de leur chef. De toutes parts, des lames tronçonneuses l’assaillirent, mordant son armure incrustée de runes. Les balles de bolters pénétrèrent les plaques de céramite de son plastron. Dans le tumulte, Khârn tourbillonnait insensible aux blessures comme a la douleur. Submergé par l’ivresse du combat, il se gorgeait du rugissement de la Carnassière à chaque fois que celle-ci prenait une vie. Ca, c’était des adversaires à sa mesure ! Sur son écran, le compte-morts atteignit les 2460 et continua à grimper.
Instinctivement, Khârn esquiva un coup qui arracha un des crânes d’acier qui ornaient sa ceinture. Jurant que l’auteur de cette déprédation remplacerait de son propre crâne le symbole morbide, il riposta avec une brutalité qui fit reculer ses assaillants. D’un moulinet de sa hache, il envoya deux nouveaux traîtres présenter leurs excuses au Dieu du Sang. Peu à peu, la furie de la bataille avait occulté l’influence léthargique qui émanait du trône et, à présent, plus rien n’entravait le champion dans son œuvre de destruction. En quelque sorte, le prêtre avait lui-même réveillé sa férocité en retournant ses camarades contre lui.
Alors que son sang bouillonnait dans ses veines, Khârn sentait son cœur marteler sa poitrine tel le marteau d’un forgeron infernal. Les os éclataient sous sa lame et son pistolet faisait voler en éclats chairs et armures. Ses bottes broyèrent des crânes et brisèrent des membres, tandis que l’amour du combat prenait le pas sur ses derniers vestiges d’humanité. Il tua, encore et encore… Soudain, tout fut fini. Khârn était debout, au milieu d’un cercle de cadavres. Haletant, dégouttant de sang par une douzaine de blessures, mais triomphant. Dans son champ de vision brouillé par la sueur, l’affichage du compte-mort clignotait, témoin muet de sa victoire : 2485. Mais il manquait encore une unité à ce chiffre. Il se retourna alors lentement vers le prêtre du culte de Slaanesh.
L’individu se tenait en haut des marches, une moue de dégoût et d’étonnement mêlés figée sur ses traits cireux. La fille avait fui et une lumière hypnotique pulsait sous la surface cristalline du trône.
« Tout ce qu’on raconte sur toi est donc vrai, » dit-il d’un ton enjôleur. « Enfin je suppose que si l’on veut que les choses soient faites proprement, mieux vaut les faire soi-même. »
La voix insidieuse extirpait la colère de l’esprit de Khârn, le laissant en proie à un sentiment de fatigue et de lassitude. Le prêtre descendit les marches qui le séparaient du guerrier. Le Félon se sentait presque trop épuisé pour parer son coup. Il savait qu’il devait se soustraire sans tarder à l’influence pernicieuse du sortilège. L’épée runique mordit son armure et entailla sa chair, provocant une décharge de douleur et de plaisir qui tétanisa son corps comme le poison d’un reptile. Rassemblant ses derniers relents de rage, il parvint à se lancer à l’attaque. Ce pantin fardé allait enfin savoir ce qu’était un vrai combattant.
Khârn frappa. La Carnassière déchiqueta les tatouages du poignet de l’adorateur avec un rugissement d’ivresse. Des lambeaux de chair et de gouttes de sang jaillirent de l’horrible blessure tandis qu’une odeur écœurante d’os brûlés emplissait l’air. La main tomba au sol et commença à s’éloigner en rampant, comme mue par une vie propre. D’un coup de botte, Khârn l’écrasa, provoquant un gémissement de souffrance de l’adorateur, comme si la main était encore attachée à son bras.
Le Space Marine du Chaos frappa à nouveau. La tête du prêtre se détacha de ses épaules et roula sur les dalles. Néanmoins, telle une grotesque marionnette, le corps continua à se battre et la lame runique pénétra une seconde fois l’armure de céramite. La vague de douleur et d’extase fut si forte que Khârn faillit tomber à genoux.
« Bien vu ! » rugit-il, sentant la main qui s’agitait sous son pied. « Mais on m’a déjà fait le coup ! » La Carnassière s’abattit, coupant le crâne en deux dans le sens de la hauteur.
Immédiatement, le corps s’écroula, comme si une lame invisible avait tranché les fils qui le mouvaient. Le chiffre 2486 s’afficha en caractères lumineux sur l’écran du compte-morts. Khârn sourit.
Résolument, il s’approcha du trône. Celui-ci scintilla de mille couleurs devant ses yeux. Dans ses multiples facettes, il vit le visage de la plus belle femme qu’il eut jamais vue, et la plus maléfique aussi. Ses cheveux d’or encadraient des yeux d’un bleu abyssal. Ses lèvres étaient rouges et pulpeuses, et les deux petits crocs qu’il y apercevait ne gâchaient en rien sa beauté. Elle regardait Khârn d’un air implorant, et celui-ci sut alors qu’il contemplait le visage du démon confiné dans le Cœur des Désirs.
Sois le bienvenu, Khârn. La voix ensorceleuse résonnait dans sa tête. Je savais que tu triompherais, que tu serais le conquérant. Je savais que tu serais mon nouveau maître.

En comparaison, les propos enjôleurs du prêtre n’étaient qu’un murmure. Mais la voix enchanteresse n’en était pas moins trompeuse. Khârn savait bien qu’aucun homme ne pouvait se rendre maître d’un démon, pas même un ancien Space Marine comme lui. A nouveau, il sentit son âme osciller au bord du gouffre. Les mots du démon de Slaanesh semblaient tisser une toile dans son esprit.
Assieds-toi ! Deviens le maître de ce monde ! Balaye les envahisseurs et règne pour l’éternité !
Khârn luttait pour rester immobile, tandis que le trône pulsait d’une lumière hypnotique. Une forte odeur musquée assaillit ses narines. Il savait qu’une fois assis, il serait prisonnier, comme le démon l’était lui-même. Pire, il deviendrait son esclave. Sa volonté serait lentement drainée hors de lui et il ne serait plus l’ombre du Khârn qu’il était. Pourtant, ses pieds avancèrent d’eux-mêmes, l’emportant vers le trône maudit.
Les visions des plaisirs corrompus qui s’offraient à lui firent à nouveau irruption dans son esprit. Il se vit avec concupiscence sombrer dans les pires dépravations. Comme ce serait simple de triompher de la sorte ! Il n’avait qu’à retourner dehors et proclamer qu’il avait détruit le Cœur des Désirs. Il était Khârn le Félon ; ses hommes le croiraient. Après cela, ce ne serait plus qu’une question de temps avant qu’il ne les pervertisse à leur tour et les initie à la servitude de Slaanesh. A moins qu’ils ne refusent, auquel cas il les tuerait.
D’ailleurs, ne le méritaient-ils pas ? Ils l’appelaient déjà le Félon, alors qu’il n’avait fait qu’être suprêmement loyal à Khorne en massacrant les faibles qui osaient se réclamer de son nom. Soudain, la vois se tut et les visions cessèrent, comme si la chose dans le trône avait réalisé sa fatale erreur, un instant trop tard.
Car la fidélité de Khârn à son Dieu était absolue. Seul cela comptait dans son cœur sauvage : il avait trahi et massacré ses camarades des World Eaters car ils avaient renié les idéaux de Khorne en fuyant la bataille.

Ce souvenir lui insuffla une force nouvelle, L’odeur des mares de sang et des corps mutilés qui jonchaient la salle était pour lui le plus exquis des parfums. La joie du combat, l’exaltation de se savoir le plus fort emplirent son esprit de fierté. Il jeta un regard sur les monceaux de cadavres en bas des marches. Il était le dernier survivant et ne le devait qu’à lui-même. La Conquête, La Victoire. Comparées à elles, les avances du démon étaient dérisoires.

Khârn se tourna vers le trône et abattit sa hache. La Carnassière hurla sa jouissance tandis qu’elle faisait voler en éclats les pierres chatoyantes et buvait avidement l’âme corrompue confinée à l’intérieur. Pendant un instant, le frisson du triomphe unit Khârn et son arme en une même transe extatique. Le Félon sut alors que jamais il ne regretterait d’avoir rejeté l’offre du démon.
2487, indiqua le compte-morts. « Je ferais mieux de me remuer si je veux battre mon record ! »

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Kuja
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MessageSujet: Re: Le chemin sanglant de Khârn   Lun 16 Sep - 10:32:21

Sympa comme histoire. Vu la qualité je suppose que c'était un très vieux white dwarf. En tout cas, ça fait bizarre de voir un Khârn avec une certaine profondeur et pas seulement un malade dont le vocabulaire se limite à trois mots. Ça me plait.
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Le chemin sanglant de Khârn
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