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 Chroniques de Gilgamesh

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MessageSujet: Chroniques de Gilgamesh   Lun 14 Juil - 21:13:49

Bonsoir à tous,

En parallèle du CDA Gilgamesh, j'ai commencé à rédiger une suite de petits (voire tout petits) récits mettant en scène mes personnages, en débutant par le récit du dernier concours.

Je n'ai pas l'ambition de faire de la grande littérature, mais j'espère au moins que cela vous distraira.

Bonne lecture à tous.

Celtic_Cauldron


Croiseur d’attaque Purity of Knowledge de la XVème Legio Astartes, quelque part dans l’Immaterium aux alentours de M41996

… Asamon les entendit avant de les voir : 100 000 loups hurlant à la mort, 100 000 bêtes assoiffées de sang et hurlant de colère. Ils arrivaient, courant à travers les ruines d’un monde qui, autrefois, avait été un havre de paix et un refuge pour toute connaissance dans l’Univers. A leur tête, les yeux enragés et les crocs saillants, le Roi de la meute : gigantesque, noir de nuit, il dardait sur les Thousand Sons son regard meurtrier… Les monstres… mais étaient-ils des loups ? Asamon n’en n’était plus si sûr, et pourtant il avait été sur Prospero en ce jour maudit… Ses guerriers, parés de leurs armures azur serrèrent les rangs, déterminés à défendre chèrement l’idéal qui avait été le leur et dont ils ne pouvaient admettre qu’il avait été frappé d’anathème par ceux-là même qu’ils avaient jurés de servir. A leur côté, les humains de la Garde des Spires affermirent leur prise sur leurs armes, leurs visages livides dénués de toute expression. Nombre d’entre eux savaient qu’ils ne verraient pas se lever une nouvelle aube. Pourtant, pas un ne flanchait et tous se préparaient à mourir au milieu de ce combat entre demi-dieux et bêtes. A la tête de ses hommes, Asamon se souvint d’un récit qu’il avait lu sur la fin du monde, telle qu’elle était imaginée par une des peuplades protohistoriques de Terra : les monstres assaillant le domaine des Dieux et provoquant l’extinction de toute vie. Combien l’analogie était évidente… Mais quelque chose ne correspondait pas : les couleurs, les formes… tout cela n’était pas fidèle à la réalité de l’époque. Il regarda autour de lui, s’attendant à revoir les ruines ravagées par les flammes de Tizca, ses pyramides effondrées, mais il se trouvait en un endroit qui, pour semblable qu’il fut, n’en demeurait pas moins différent. Il n’y avait jamais eu et il n’y aurait jamais de temples impériaux sur Prospero.

Toujours la horde sauvage se rapprochait en hurlant. Une pluie de projectiles s’abattit sur elle : lasers, bolts, lances de feu, foudre éthérique, obus, prélevaient un lourd tribut sur les monstres en marche sans que pour autant ceux-ci ne ralentissent. L’air se fit lourd, se chargeant de l’odeur métallique du sang, de la chaude senteur de la poudre et de l’ozone du déferlement de sorts qui frappaient les Loups. N’importe quelle autre armée aurait brisé les rangs et fui, mais les assaillants n’étaient pas n’importe qui : créés et dressés pour la guerre, ils poursuivirent leur charge et percutèrent de plein fouet la faible ligne des fils de Magnus. Où était passée la Garde, où étaient ses frères ? Là où s’était tenue une armée, ne restait plus qu’une poignée d’Astartes et de novices, Frère Castigon dominant les escouades de la hauteur de son sarcophage et semant la mort à distance. Mais… Castigon était encore vivant lors de la Chute : l’ancien sergent n’avait été interné qu’après l’exil… Et il n’y avait pas de frères Rubricae non plus…

Les Bêtes, aux armures tantôt écarlates tantôt grises, se jetèrent sur les hommes d’Asamon et tout semblant d’organisation disparut aussitôt, pour céder la place à une mêlée indescriptible dans laquelle chaque combattant luttait pour sa survie. Mais là où les Thousand Sons parvenaient difficilement à faire face, les Loups semblaient s’épanouir : ici, un géant hilare au faciès ravagé par la mutation broyait un novice d’une seule main pour se nourrir de sa chair, tout en fauchant un Astartes d’une rafale de pistolet bolter, plus loin un chef de meute transperçait de son épée un marine et lui arrachait le cœur d’un même mouvement fluide avant d’en lécher goulûment le sang dégoûtant. Il aperçut Apophis mener ses Elus au contact : plusieurs bêtes furent terrassées par les vétérans, mais elles étaient les plus nombreuses et leur résistance était surnaturelle. Bientôt, la tête du Lieutenant fut arrachée de son corps et lancée au loin par une chose griffue aux ailes de cuir tanné et dont le ventre distendu semblait grouiller d’une vie propre. Trop peu nombreux, les Thousand Sons étaient lentement mais inexorablement repoussés vers l’intérieur de la basilique qui venait d’apparaître et seuls les Rubricae conservaient un semblant d’ordre dans tout ce chaos. Asamon vit deux chars Predators ralentir la masse bestiale dans sa course avant d’être submergés à leur tour, les mutants parvenant à dépecer les blindages de leurs simples griffes avant de les faire exploser. A leur tour, les novices, l’avenir de la Légion, furent engagés. Leur courage aurait fait la fierté du Primarque lui-même et leurs actions auraient mérité d’être consignées dans les annales de la Confrérie, mais ils furent purement et simplement broyés par les Créatures, leurs membres arrachés à coups de crocs, de griffes d’autres excroissances toutes plus tranchantes et déformées les unes que les autres. Menthat fut empalé sur un éperon, Onouris proprement coupé en deux d’un simple revers. Avec eux venait de mourir l’espoir d’un renouveau.

Asamon n’eut pas le temps d’être horrifié de ce carnage : un ennemi se jeta sur lui tous crocs sortis, du sang maculant sa barbe grise et son armure. Il put à peine sortir sa hache et lui fendre le crâne. Pataugeant dans le sang et les viscères, il recula et s’efforça de rassembler ses pouvoirs pour embraser d’autres créatures infernales, mais ceux-ci refusèrent de se manifester, comme s’il avait été plongé dans une bulle de négation. Cet instant de distraction faillit provoquer sa perte : deux bêtes gigantesques aux faciès de démons l’entourèrent et cherchèrent à déjouer sa garde. Asamon cueillit la première d’une rafale en plein front et lui fit éclater le crâne comme un fruit trop mûre, mais la seconde parvint à le renverser d’un coup d’épaule et l’envoya à terre. Le temps sembla s’arrêter alors que l’homme-Loup-monstre s’approchait de lui en le maudissant pour l’achever, son armure virant du gris à l’écarlate, se couvrant de poils et d’écailles, déformée par une énergie trop forte pour une simple enveloppe mortelle, fut-elle celle d’un combattant de l’Astartes. Lentement, avec des gestes presque tendres tant ils étaient précautionneux, il lui retira son casque avec ses mains griffues, alors que les bruits de la bataille s’estompaient pour être remplacés par une entêtante mélopée et des incantations formulées dans une langue qu’il ne reconnut pas. Puis, la bête se pencha vers son visage, une longue langue serpentine et violacée filant entre ses dents effilées, un filet de bave acide s’écoulant de ce qui, certainement autrefois, avait été une bouche humaine. De sa gorge déformée par les forces mutagènes et la souillure du Warp, un seul mot émergea : « Frère… ».

… Il s’éveilla en hurlant et il lui fallut plusieurs longues secondes pour comprendre qu’il n’était pas sur Prospero ou sur un quelconque monde oublié des dieux, mais bien dans sa propre cellule, à bord de son propre vaisseau… D’une pensée, Asamon alluma la chandelle qui se situait à son chevet et chercha à rassembler ses esprits. De sa main, il épongea la moiteur de son front : la sueur était épaisse, visqueuse et glacée et recouvrait la moindre parcelle de son corps. Ce n’était pas un rêve, mais une vision.. Asamon était un Pyrae, pas un devin, le sens de ce songe lui échappait. Fébrilement, il actionna le communicateur vers le pont. Une voix grave mais cultivée, aux accents rocailleux lui répondit :

- Officier de pont ?
- Valdorius ? Quelle est notre position ?
- Le dernier pointage nous positionne à environ trois jours de voyage du point de rencontre avec la XVIIème Légion, Monseigneur. Selon les augures, les courants nous sont favorables.
- Situation des escouades ?
- Le Lieutenant Apophis conduit les exercices de tir et de combat des novices avec Frère Castigon, l’escouade Ymir garde le Sanctum, Akhnoth assure les patrouilles de routine pour les douze prochaines heures. Que se passe-t-il Monseigneur ?

Asamon laissa passer un instant de silence, en se souvenant de sa destination… Le sous-secteur Gilgamesh, où il devait rejoindre les Wordbearers pour les appuyer dans l’assaut d’un monde sanctuaire impérial. Une effroyable prémonition s’empara de lui, la vision lui avait semblé si réelle. Il en ressentait encore la douleur dans sa chair et dans son âme. Quelque chose de funeste était à l’œuvre et il avait la sensation de se trouver à la croisée d’une myriade d’avenirs d’une importance capitale. Mais la Divination n’était pas un domaine dans lequel il pouvait s’aventurer seul. Il avait désespérément besoin d’être guidé.

Ahriman lui avait enseigné qu'’il n’existait pas de coïncidence, seulement des causes et des conséquences que l’on n’avait su discerner, des événements auxquels même l’Initié pouvait être aveugle :

- Contactez le Seigneur Ahriman à bord du Sycorax de toute urgence. Le Futur est en marche et il ne nous est pas favorable.

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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Lun 14 Juil - 21:36:19

La suite, marquant le début du CDA.

Celtic_Cauldron


Secteur Nox, Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996.

Ils avaient tous levé leurs armes vers lui : épées, griffes, gantelets, haches, pistolets de toutes natures ou simples bolters, ainsi que divers artefacts d’origine douteuse. Trente seigneurs du Chaos, Légionnaires des temps anciens ou jeunes Renégats, parés de leurs couleurs et arborant l’étoile à huit branches en guise de symbole d’armée, venaient de faire de lui leur chef de guerre. Pendant un an et depuis le début des combats, les alliés d’aujourd’hui avaient poursuivi leurs mesquines rivalités pour s’accaparer les richesses de ce monde, en quête d’une parcelle de gloire pour eux-mêmes ou leurs divinités maudites, pour collecter plus d’esclaves ou, plus simplement, pour le simple plaisir de tuer. Chaque jour et chaque nuit, les combats incessants avaient vu s’amonceler les cadavres dans les ruines fumantes de ce monde oublié, alors que les Légions du Chaos et leurs alliés démoniaques ravageaient et pillaient à l’envie, décimant sans discrimination une population terrorisée, mettant à bas les idoles et les symboles du règne du Faux Empereur. Tout cela parce qu’un jour, le Maître de Guerre avait jeté un œil sur ce monde et avait décrété sa condamnation à mort…

Les débuts avaient été faciles : les forces de défense locales, mal préparées et mal commandées, avaient ployé puis rompu devant la fureur des Légions, malgré la présence d’un petit contingent de Blood Angels qui n’avait pu qu’endiguer la marée chaotique, constituant quelques îlots de résistance, isolés dans le maelström de la guerre. Seuls les secteurs les plus importants tenaient encore, alors que le gouvernement concentrait ses efforts en faveur de la classe dirigeante et abandonnait ceux-là mêmes qui mourraient pour lui donner l’illusion de la sécurité. Après un an d’assauts soutenus, les envahisseurs avaient perdu plus d’hommes du fait des tirs fratricides que de celui de l’ennemi et tout semblait devoir s’achever…

L’arrivée d’un fort contingent des Fils du Lion devait changer cela. Surpris en pleine célébration d’une victoire non-acquise, les séides du Chaos virent leur flotte déserter l’orbite pour se replier, chassée par la juste colère des Dark Angels, alors que le fer de lance loyaliste établissait les premières têtes de pont et avec elles l’espoir d’un retournement de situation. Galvanisées par cette arrivée aussi soudaine qu’inespérée, les forces impériales reprirent courage et amorcèrent une contre-attaque, rétablissant un semblant de front et repoussant l’ennemi, menaçant ses communications et ses lignes d’approvisionnement. De nouveau, les industries purent alimenter la machine de guerre de l’Imperium, alors que les survivants, endurcis par des mois de combat, recevaient matériels, munitions et ravitaillement et que de nouveaux conscrits rejoignaient les rangs des combattants, poussés par une ferveur qui avait pourtant semblé sur le point de s’éteindre. De leur côté et alors que la victoire paraissait leur échapper, les envahisseurs perdirent la cohésion qui avait fait leur force : toute coordination s’envola au profit des règlements de compte, chacun profitant du chaos ambiant pour solder de vieilles dettes ou s’arroger une plus grande chance de survivre un jour de plus… Ce fut dans ces conditions qu’il avait été choisi par ses pairs. Etait-il le plus compétent ? Peut-être, mais d’autres auraient pu prétendre à ce titre. La vérité était qu’il était resté en retrait pendant la première phase de l’offensive, se contentant de raids minutés et ciblés sur des objectifs précis, évitant les autres contingents, à la manière de la VIIIème Légion. Petit à petit, les seigneurs les plus réfléchis en vinrent à chercher un nouveau chef pour les diriger et c’est vers lui qu’ils finirent par se tourner, comme s’il détenait les clefs de la victoire ou était en mesure de les empêcher de s’entretuer. Bien sûr, la tâche ne l’effrayait pas car il avait déjà conduit de telles armées mais le doute l’assaillait : combien de temps avant qu’un de ces guerriers n’en vienne à considérer qu’il pourrait faire aussi bien sinon mieux ? La loyauté n’était décidément pas le point fort des Légions.

Il y eut un grésillement dans son casque et la voix de Drasil se fit entendre :

- Regarde-les, Arius. Aujourd’hui ils t’acclament et te rendent hommage, mais fais un seul faux pas et demain tu te retrouveras à surveiller ta propre ombre.
- Qui, parmi eux, ne souhaiterait pas cette place ? Ezionaël, le soi-disant « Conquérant de Gilgamesh » ? Ou peut-être ce Fampyr Röze et ses alliés Iron Warriors ? Qui, Enoch ?

Face à l’absence de réponse de son Lieutenant, Arius Draken continua de scruter chaque visage et chaque heaume et se répéta la question… Certorius des Iron Warriors et Asamon des Thousand Sons seraient des soutiens : d’antiques pactes avaient été forgés jadis. Mor Kahar des Wordbearers, Typhus de la Death Guard, Lucius des Emperor’s Children et Khârn des World Eaters devraient rester neutres, pourvu qu’il parvienne à leur donner ce qu’ils recherchaient. Quant aux autres… Il allait devoir composer avec cet Ost de la Ruine et leur offrir ce après quoi ils couraient, une victoire totale, le carnage, la destruction. Son regard s’attarda quelques instants sur un groupe de guerriers isolés, vêtus de noir, seuls silencieux au milieu des acclamations : Damoclès le guerrier, Méphistophélès le sorcier et, les surplombant de toute sa stature, Amadeus le démon, les trois derniers commandeurs de la Black Legion, laissés en arrière par le Fléau. Ceux-ci s’étaient abstenus au moment du choix mais chacun avait refusé le privilège du commandement. Il allait devoir les surveiller, tout comme eux le surveilleraient très certainement. Le nouveau Maître de Guerre de Gilgamesh rouvrit la communication vers son second :

- Fais sécuriser le Strategium par Nagglfar et Loki. Contacte Certorius et ordonne-lui de fortifier le secteur.
- Reçu. Quel délai avant le prochain briefing stratégique ?
- Cette nuit, dans six heures. Je veux les données complètes sur l’état des forces de nos alliés et leurs positions dans cinq heures. Demande à Asamon de faire un balayage de l’orbite pour identifier ceux de nos vaisseaux qui n’ont pas suivi le Fléau dans sa fuite. Puisque ces imbéciles m’ont choisi pour chef, qu’il en soit ainsi.
- Et quels autres ordres pour la 8ème Compagnie ?
- Dis à Surtur que la 1ère Griffe assurera ma protection. Le reste de la Compagnie doit rester à bord du Fear of the Dark, en mesure d’intervenir sur mon ordre. Nous allons d’abord permettre à nos alliés de mourir pour nous puis nous frapperons depuis les ombres pour finir le travail.
- A tes ordres.

Ayant donné ses directives, Arius Draken, Maître de l’Ost de la Ruine, retourna se fondre dans la nuit. Celle-ci allait être longue.

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rikikileur
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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Mar 15 Juil - 0:45:37

Je veut la suite !
( Ca veut dire que ça roxe du   poney )
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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Mer 16 Juil - 23:49:10

Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 18ème jour de la contre-offensive impériale, secteur du Chœur Astropathique.

Valdorius regarda le Stormbird repartir vers l’espace avec son précieux chargement de psykers, vers la sécurité toute relative du Purity of Knowledge. Ses maîtres allaient être satisfaits : 37 spécimens, dont 1 Omega et 2 Alpha, avaient été sécurisés par les Thousand Sons avant l’arrivée en force des Dark Angels. La IXème Confrérie avait maintenant reçu une nouvelle mission, aux côtés des Darkness’ Witchers. Elle devait défendre le Chœur Astropathique et maintenir le blocus psychique des communications, ce qui semblait impossible au regard de la disproportion des forces engagées. La Première Légion et ses héritiers avaient déployé leurs troupes d’élite pour reprendre possession des lieux, témoignant ainsi leur désir de faire appel à d’autres forces impériales, et les maigres forces du Chaos avaient mené une succession de combats d’arrière-garde pour retarder au plus les loyalistes. Valdorius avait cherché par tous les moyens à obtenir des renforts et ceux-ci étaient en route, mais il était devenu impossible de les contacter par la suite. Il avait été plus chanceux et avait pu joindre Kalmek et Ymir par des moyens conventionnels, mais ceux-ci étaient déjà engagés par ailleurs et ne pourraient le rejoindre avant un certain délai… Les disciples d’Ahriman devraient donc se contenter de ce qu’ils avaient, c’est-à-dire bien peu : dix-huit marines sans armes lourdes ou d’appui face à la fine fleur de l’arsenal Astartes.

L’Aspirant Sorcier regarda ses frères Rubricae. Ils avaient, pour l’instant, tous survécu aux combats, mais cela n’avait pas été sans dommages pour autant et plus d’une armure présentait les traces d’impacts qui auraient été mortels pour tout autre. Silencieux comme à leur habitude, les frères de batailles tenaient leurs positions telles des statues d’une autre époque, pointant leurs bolters ensorcelés vers les points d’accès menant au sanctuaire des Astropathes dans lequel s’était reclus Agamemnon l’Iron Warrior. Il était arrivé seul, sans troupes, conscient de l’impasse dans laquelle étaient les forces du Chaos, mais sans pouvoir y changer quoi que ce soit. A l’écouter les renforts étaient en route, mais il ne pouvait ou ne voulait en dire plus.

Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 34ème jour de la contre-offensive impériale, 15ème district industriel.

- Quatre contacts auspex à dix heures ! Distance 840 mètres ! Nature : Leman Russ !

- Reçu, répondit Crassus dans son comlink. Escadron Alpha, débordement par la gauche et prise à revers des cibles Primus et Tertius. Beta, avec moi, pour annihilation de Secundus. Delta, débordement par la droite et destruction du dernier de ces chiens ! Radio ? Où en est la 2ème Centurie ?

- Nous avons du mal à la positionner, Mon Capitaine. Au dernier contact, elle progressait vers l’avenue Labrustus, en rencontrant une forte opposition impériale. Pas de perte à déplorer mais un rythme de progression ralenti par rapport aux prévisions.

Crassus pesta contre le sort qui semblait s’acharner contre eux. Dioclétien et lui avait reçu pour mission de conquérir le 15ème district, pour couper les éléments loyalistes présents à l’extérieur de la ruche et empêcher leur renforcement par des colonnes impériales. Selon les projections tactiques, le secteur était mal défendu, essentiellement par des FdP démoralisées et des civils sous-équipés. La réalité était tout autre : les défenseurs avaient valorisé le terrain en le rendant difficilement exploitable pour les blindés des forces du Chaos. Le moindre recoin, éboulis ou tas de gravats était devenu un point d’appui qu’il fallait enlever et chaque maison semblait dissimuler une pièce d’artillerie. Dioclétien avait fait procéder au nettoyage des bâtiments, mais l’avancée des Wordbearers s’en était trouvée ralentie d’autant, même si les pertes avaient été réduites alors que celles des Impériaux atteignaient des sommets. La 7ème Centurie pouvait homologuer 27 chars ennemis détruits, essentiellement des Leman Russ trop endommagés pour poursuivre une manœuvre classique et reconvertis en points d’appui autour desquels s’étaient construites des unités de fortune. Un grésillement de statique interrompit la réflexion de l’officier :

- Pax Chaotica, ici Alpha : primus et tertius détruits. Nous détectons des signatures au niveau de la place Brassenski. Vraisemblablement des véhicules Astartes classe Land Raider. Les deux derniers Leman Russ sont en train de se retirer vers le Nord-Est, en direction du 14ème district. Demande conduite à tenir.

- Alpha, ici Pax Chaotica : laissez partir les humains. Delta, contactez Van Kordal et transmettez-lui le signalement des Leman Russ. Beta, mouvement vers Alpha, vitesse de combat, formation diamant. Alpha, gardez vos distances avec l’ennemi et mettez-vous en appui : ceux-ci sont pour nous. Je veux leurs coordonnées immédiatement.

- Ici Delta : reçu. Que fait-on pour la 2ème Centurie ?

- Laissez-les avancer, une proie plus intéressante nous attend.

Il aurait dû négliger cette cible et poursuivre son effort avec l’infanterie, mais la tentation fut trop forte pour Crassus : une fois de plus, les Dieux mettaient en face de lui ses anciens frères de l’Astartes et il ne perdrait pas une occasion de démontrer sa supériorité.

Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 46ème jour de la contre-offensive impériale, secteur Nox.

Il n’avait jamais aimé la Death Guard, même s’il n’aurait su dire pourquoi, et encore moins ses officiers. Jadis, ils avaient fait des soldats de confiance, solides dans les situations les plus extrêmes, fiables sur tous les terrains, mais leurs officiers avaient toujours cet air de supériorité qu’il ne pouvait supporter, dépassant ainsi tous les autres Légionnaires qu’il avait pu côtoyer en 10000 ans. Leur conversion au Père des Epidémies n’avait pas arrangé cet état de fait : à leur arrogance s’était ajoutée une espèce de fanatisme morbide et désespéré. Bien que profondément hostile à toute notion de culte, Arius lui reprochait surtout d’altérer les perceptions tactiques et perturber la conduite des opérations. Plus d’une fois, les cultistes avaient perdu un temps précieux en vaines cérémonies et palabres, mettant en péril la coordination et le minutage du plan d’ensemble au profit de considérations secondaires. Typhus était le mire d’entre eux : Prophète autoproclamé de Nurgle, le Vagabond ne réfléchissait qu’aux intérêts de sa divinité, mais avait gardé ce dédain méprisant qui faisait déjà sa réputation du temps de la Grande Croisade. Entouré de sa garde du corps Terminator, noyé dans un nuage de mouches plus grosses que des bolts, l’Elu du Seigneur de la Peste tenait froidement tête au Maître de l’Ost, son heaume cornu daignant à peine le regarder.

- Ta pitoyable guerre ne présente aucun intérêt pour moi, Night Lord. Pourquoi irai-je perdre mon temps pour une tâche qui ne sert pas la grandeur de Grand-Père Nurgle ? Où sont les âmes à faucher ?

- Tu feras pourtant comme je l’ordonne : toi et tes Terminators procèderez au nettoyage des bas-fonds avant de remonter vers les ghettos. Tu y seras particulièrement à ton aise : l’endroit est putrescent et macabre à souhait. Comprends-moi bien : je me moque de ton Dieu, de ta Croisade et du reste. Seule la victoire compte et elle sous-entend que tu exécutes mes ordres. Il n’y a pas d’alternatives, en tous cas pas sans conséquences…

La tension était palpable dans tout le Strategium. Les serviteurs humains se tenaient le plus loin possible des demi-dieux leur servant de maîtres et ces derniers emblaient sur le point de s’étriper. Flanqué de ses Elus, Arius Draken demeurait impassible, mais sa colère était plus que perceptible. Night Lords et Death Guards étaient à couteaux tirés et il ne suffirait que d’une minuscule étincelle pour que les deux factions se jettent à la gorge l’une de l’autre. Au bout de plusieurs longues secondes d’un silence pesant, celui qui avait été Calas Typhon produisit un bruit qui devait être un rire :

- Tu traites légèrement des Dieux, petit être… Méfie-toi qu’un jour l’un d’eux ne vienne pas pour toi… Mon Ost frappera de tout son poids là où tu nous envoies et nous y sèmerons les graines de la déchéance. Savoure cette victoire tant que tu peux…

Par trois fois, le Vagabond frappa le sol de sa gigantesque Faucheuse. Au troisième coup, lui et son escorte disparurent dans un éclair verdâtre, ne laissant sur place que des flaques de miasmes et de pus.

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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Mar 22 Juil - 11:09:26

Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 49ème jour de la contre-offensive impériale, secteur des bas-fonds.

Gilgamesh avait toujours été semblable à toutes les autres ruches des domaines de l’Empereur : immense, tentaculaire, surpeuplée et polluée au-delà de toute rédemption. Grouillant d’une vie qui ne connaissait ni le repos ni la lumière, elle était devenu un organisme vivant à part entière, avec ses flux de matière et d’information remplaçant les fluides vitaux, son industrie jouant le rôle des organes, mais également ses dégénérescences et ses tumeurs. Les bas-fonds de la ruche, plus connus des habitants sous le vocable du « Cloaque » concentraient ces dernières. A perte de vue s’étendaient les ruines des premiers temps de la colonie : résidus industriels, bâtiments effondrés sous le poids des millénaires,  vaste mer intérieure composée de polluants, collines de produits radioactifs. Loin de tuer toute vie, cet environnement avait vu fleurir tout un écosystème mutant qui s’était développé et avait prospéré sur les immondices des hommes en apprenant à dévorer les métaux ou à boire les flaques de chlore. Rejeté par les niveaux supérieurs, tout un sous-monde avait également migré vers les niveaux inférieurs, acceptant de s’exposer à la contagion afin de vivre un simulacre de liberté dans cet environnement où seuls les plus forts pouvaient survivre et imposer leur loi. Mutants, psykers incontrôlés, déviants ou simples bannis de toutes sortes s’étaient retrouvés ici et avaient fondé une société parallèle, « oubliée » de l’Empereur et de ses lois, séparés du monde extérieur par les bastions érigés par l’Arbites, les champs de mines et les réseaux de caméras. A l’origine, les gouverneurs planétaires avaient essayé de purger le Cloaque, mais la nature des lieux et la forte résistance locale, armée par les trafics, avaient eu raison de telles velléités et un fragile statuquo s’était instauré.

Mais ceci avait changé en l’espace de quelques jours. Se riant de cet environnement infernal, ils étaient venus depuis les ténèbres du Cloaque et ses marais toxiques pour traquer les vivants jusque dans leurs tanières, brûlant tout sur leur passage, propageant leur infection et leur désespoir, écrasant sous leurs bottes de céramite toute résistance. Confiants dans le fait que nul ennemi ne pourrait subsister indéfiniment sur leur terrain, les colons avaient réemployé les tactiques qui avaient si bien fonctionné contre les forces gouvernementales et tentèrent de repousser l’invasion à coups de pièges chimiques, munitions pathogènes et lâchers de bêtes mutantes avides de sang. Mais, pour la Death Guard, ces attaques furent autant de piqures d’insectes et les Fils de Nurgle répondirent à l’horreur par une horreur encore plus grande. Après avoir froidement abattu chaque être vivant rencontré, Typhus déchaîna la Peste du Zombie sur les colonies, levant en quelques heures une armée de cadavres ambulants qu’il dirigea vers les positions impériales, suivant à la tête de ses Terminators et de ses Marines de la Peste. Acculés, les défenseurs furent submergés sous le poids du nombre alors que les forces loyalistes, prenant conscience de la menace, peinaient à acheminer renforts et matériels vers ceux qu’elles cherchaient encore à abattre quelques semaines auparavant. Les Blood Angels et quelques renforts des Angels of Redemption s’efforcèrent de contre attaquer pour endiguer le flot de morts-vivants mais ils étaient trop peu nombreux pour pouvoir être efficaces partout. Les Anges de la Mort s’épuisèrent dans des combats d’arrière-garde et ne purent colmater toutes les brèches, sans parler d’évacuer les rescapés, dont le gouvernement ne souhaitait pas entendre parler.

Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 50ème jour de la contre-offensive impériale, 15ème district industriel.

La manœuvre avait échoué… Et la proie était devenue le chasseur. Deux Land Raiders hors de combat et un autre retiré du front, les pertes devenaient lourdes pour la 7ème Centurie. En fait de blindé isolé, les Wordbearers s’étaient retrouvés face à des Crusaders surprotégés qui étaient venus débusquer les forces du Chaos sur leurs positions d’assaut. Crassus avait dû réarticuler ses escadrons pour forcer les loyalistes à s’exfiltrer, mais le mal avait été fait. Une tentative complémentaire menée par Dioclétien avait connu un échec similaire et s’était soldée par la mort de plusieurs Légionnaires, fauchés par les systèmes Ouragans des massifs chars d’assaut de la Première Légion. Pire encore, l’interception de plusieurs messages impériaux faisaient état de renforts en mouvements : d’autres Crusaders mais également des Razorbacks plus petits mais tout aussi redoutables dans un environnement aussi cloisonné. Face à cette contre-offensive, le XXVème Ost était tombé en garde et s’accrochait au terrain. Des renforts avaient été dépêchés : blindés des Sons of Nurgle ou des Emperor’s Children étaient en route, alors que la 4ème Centurie faisait mouvement depuis le 14ème district pour prendre les Dark Angels à revers.

Crassus était en liaison avec Dioclétien. Positionnés à l’arrière du dispositif du XXVème Ost, Pax Chaotica et ses semblables avaient été placés en réserve de l’infanterie, en vue de pouvoir intervenir là où les Dark Angels frapperaient. Les nouvelles n’étaient pas bonnes.

- … et c’est la neuvième attaque depuis les quatorze dernières heures.

La voix du Capitaine de la 3ème Centurie était lasse : les Dark Angels se livraient à un harcèlement incessant sur ses positions, prélevant un lourd tribut sur ses escouades. En deux semaines, dix-sept Astartes avaient été mis hors de combat sans que les ripostes organisées occasionnent plus que des dégâts légers.

- Crassus, nous ne pouvons pas continuer comme cela ou, bientôt, il n’y aura plus de Wordbearers pour conquérir ce maudit district. Il faut reprendre l’initiative.

- Quelle est la position de la 4ème ?

- Ce rat de Van Kordal garde le silence radio depuis une semaine, mais le dernier contact auspex indiquait qu’il progressait vers le nord et le boulevard Parnassus. Le Colchisien nous abandonne. Il veut notre mort, cela sert son ambition. Kal Dragart est avec lui.

A la mention du nom du Premier Acolyte, Crassus frissonna. Kal Dragart, dans son ascension vers la place d’Apôtre Noir, avait juré la mort des derniers Terriens de l’Ost et notamment du premier d’entre-eux, Horatius en personne. Jouant sur les divisions internes, il avait fait de Van Kordal son champion, certainement en lui promettant la place de Coryphée. A ce jour, seules la présence de Morkar à la tête de la bande de guerre et la vigilance des Endeuillés avaient permis de tenir en échec l’ambitieux Colchisien. Mais dans la tourmente des combats, la disparition de la dernière centurie terrienne pourrait remettre en cause cet équilibre. Déjà, les signes s’accumulaient : la garde d’honneur de l’Apôtre Noir avait été retirée aux Terminators pour être confiée aux Gal Vorbak et les dernières réunions stratégiques avaient vu Morkar, ou plutôt Mor Kahar, rendre de plus en plus d’arbitrages contre l’ancien Commandeur de la XXVème Compagnie, suite à des commentaires de Dragart sur les choix tactiques initiaux.

- Que proposes-tu, frère ?

- Les Dark Angels nous pensent bloqués, je propose de percer vers le Nord et le 6ème district. Ouverture de l’itinéraire par tes blindés, suivis de mes Rhinos, recueil envisageable par la 2ème Centurie. Torgal est neutre, il remplira sa mission.

- J’ai deux chars hors de combat et un troisième qui ne pourra que nous freiner…

- Laisse-les sur place, nous reviendrons les chercher. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être ralentis, si nous voulons pouvoir surprendre les loyalistes.

Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 60ème jour de la contre-offensive impériale, secteur Nox.

Ils étaient venus le chercher dans son repaire, avaient abattu ses gardes du corps et l’avaient traîné devant leur maître. Dépouillé de son armure, entravé et prostré, Xersei Misu se tenait à genoux devant Arius Draken, isolé au milieu des autres Seigneurs de l’Ost. En dépit d’une supériorité numérique évidente, les forces du Chaos avaient subi un certain nombre de revers et des secteurs considérés comme sécurisés avaient été repris par les forces impériales. Le Night Lord était furieux en voyant les comptes-rendus d’échecs se multiplier : les seuils démoniaques ouverts dans les docks et l’Administratum avaient été fermés avant d’être arrivés à maturité, les Knights of Decay avaient été balayés par les motards de la Première Légion, exterminés jusqu’au dernier, dans les terrasses, la HHH Legion n’avait pu se déployer, suite à des sabotages qui avaient bloqué sa progression. 277 Astartes avaient péri. Un véritable gâchis…

Le comble avait été d’apprendre que les Night Lords de la XIXème Compagnie avaient déserté les combats… D’être trahi ainsi par des hommes de sa propre Légion était plus qu’il ne pouvait en supporter et il s’était décidé à faire un exemple. Ne rien faire serait le choix le plus périlleux car il ne pouvait accepter d’être taxé de pusillanimité par les autres.

- Xersei Misu, en ne remplissant pas ta mission, tu as déshonoré ton nom, tes hommes et ta Légion. Moi, Arius Draken de la VIIIème Légion, Maître de l’Ost, te juge cette nuit. As-tu quelque chose à dire pour la défense de ta pitoyable existence ?

- Draken, je reconnais ma faute et invoque les traditions des Night Lords. Je demande à porter les Gantelets du Pêcheur, ainsi ma vie t’appartiendra jusqu’à ce que tu estimes mon devoir accompli.

Arius sentait le regard des autres Seigneurs braqués sur lui, aussi perçants que des glaives nostramans. Il sentait également la pression de ses propres hommes qui attendaient de lui qu’il applique les usages hérités de Curze. C’était là l’instant clef, celui au cours duquel tout pourrait basculer…

- Tu invoques un droit que tu as perdu en désertant. J’appliquerai la justice de notre Primarque et Père : le crime sera châtié, les coupables seront punis et la mort sera leur lot. Tel est mon jugement. Telle est ma sentence et elle est immédiate.

Le reste alla très vite : Draken sortit son épée et, dans un mouvement d’une fluidité fatale, décapita celui qui quelques secondes auparavant commandait encore les Thunder Lords. Un sang artériel écarlate jaillit à grands jets du cou tranché, puis le corps s’effondra dans un silence général.

- Voyez, Mes Seigneurs, ce que rapporte la faiblesse… Vos ordres vous attendent. Je ne tolèrerai plus d’échecs et ne ferai plus preuve d’autant de clémence qu’avec ce lâche.

Un à un et sans un dernier regard vers le corps affalé, les commandants du Chaos quittèrent la pièce. Arius se retourna et appela le chef de sa Première Griffe.

- Surtur ! Fais empaler la tête du traître sur une pique à l’entrée du Strategium. Cela servira d’avertissement aux autres. Que le corps soit démembré en trente parties, chacune marquée de mon sceau. Tu les enverras à chacun de nos alliés, en guise de rappel.

- Bien, Monseigneur. Qu’adviendra-t-il des Thunderlords ?

Arius s’autorisa alors quelque chose qu’il ne faisait que rarement : il sourit.

- Contacte le vaisseau, que la 8ème Compagnie nous rejoigne en ordre de bataille. Lorsque le rassemblement sera terminé, tu enverras un message à nos frères égarés.

- Contenu ?

- Tu leur transmettras ceci : « Nous venons vous prendre ».

Fin de la session 1.

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Dernière édition par *Celtic_cauldron le Jeu 24 Juil - 15:30:14, édité 1 fois
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Galthan Ironsturm
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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Mar 22 Juil - 16:30:29

C'est fin, c'est très fin, ça se lit sans fin !

Magnifique camarade !
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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Mer 23 Juil - 17:21:58

Merci beaucoup camarade! Je vois que tu as commencé à rédiger tes propres Chroniques, ce sera intéressant de mettre tout cela en commun...

Pour la peine, voici le début de la S2.

Bonne lecture à tous.

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Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 63ème jour de la contre-offensive impériale, secteur Nox.

Une représentation bidimensionnelle de Gilgamesh était projetée au centre du Strategium. Les principaux secteurs étaient identifiés et incorporaient, heure par heure, l’évolution de la situation en prenant en compte les renseignements remontés par les forces sur le terrain. Les deux armées étaient repérables par un jeu de couleurs : rouge pour le Chaos, vert pour les impériaux. Çà et là, quelques points jaunâtres étaient apparus, témoignant de l’émergence des androïdes appelés « Nécrons ».  Des flèches indiquaient les principaux mouvements et des colonnes de chiffres rappelaient les données essentielles : effectifs, tableaux des pertes, consommations diverses… Un observateur quelconque se serait contenté de cette vision simplifiée des combats, mais les silhouettes entourant la projection voyaient plus loin. Par l’identification des mouvements, ils pouvaient reconstituer les schémas et les plans de l’ennemi, distinguer ses axes d’effort, percer à jour les défauts de son dispositif. Rassemblés pour une nouvelle session stratégique, les Seigneurs de la Ruine débattaient des combats à venir et établissaient leurs mouvements futurs.

- La ligne des Bastions doit être sécurisée, Arius. En chassant les loyalistes, nous coupons leurs forces en deux et les privons de leur liberté de manœuvre. Mes sapeurs peuvent conquérir pour toi les forts encore aux mains des Impériaux, puis je relèverai et améliorerai les fortifications. Ainsi, tu auras un point d’appui stable autour duquel articuler les offensives. Cela peut être fait en cinq mois, en commençant par Alpha 3.

Celui qui venait de parler était un géant, dont l’armure Terminator d’acier et ornée de chevrons rehaussait encore la forte stature. Souvenir d’une ancienne campagne, son bras gauche avait été remplacé par une massive prothèse mécanique qui aurait plus convenu à un Dreadnought. Certorius des Iron Warriors était, à l’image de l’ensemble de la IVème Légion, un spécialiste des sièges qui concevait la guerre comme une succession d’avancées puis de consolidations. La XIIème Grande Compagnie n’avait pas encore été engagée, sa mission ayant d’abord été de fortifier le quartier général de l’Ost. A ses côtés, Cassius des Enfants Pervers renifla de dédain, son regard azur respirant le mépris et témoignant clairement de sa réticence à siéger parmi ceux qu’il considérait comme inférieurs :

- Les Iron Warriors préparent notre tombe… C’est par l’offensive à outrance que nous déborderons et exterminerons les Dark Angels. Nous devons les débusquer, les traquer, les massacrer et nous parer de leurs peaux. Où est le plaisir dans ce que propose Certorius ? Je veux sentir leur vie couler entre mes doigts, boire leur âme jusqu’à y perdre mon âme, pas me terrer dans une tanière et multiplier les incursions mineures.

Plusieurs autres officiers témoignèrent leur assentiment à cette bravade : Ezionaël des Red Corsairs, Fampyr Roze et Lucius des Emperor’s Children, Baldorak et plusieurs des World Eaters présents et tant d’autres. Motivés par l’appel du sang ou de plus sombres prémonitions, la plupart des seigneurs voulaient provoquer le maximum de destruction puis chercher une échappatoire. Arius regarda vers sa gauche et scruta le visage de Xersei Misu. Préservée dans du goudron, la tête de ce dernier demeurait inexpressive et ne semblait pas vouloir indiquer la marche à suivre au Maître de la VIIIème Compagnie, alors que ses pairs continuaient de manifester bruyamment leurs divergences tactiques.

- Qu’en est-il de cette rumeur de Légionnaires isolés repérés dans divers secteurs de la Ruche ? Asamon et ses Sorciers nous rapportent que les Dark Angels semblent vouloir se concentrer sur les secteurs dans lesquels cette rumeur a été relayée.

La question avait été posée sans que la voix monte, mais tous se turent et se prirent à écouter Mor Kahar l’Elu, Apôtre Noir du XXVème Ost des Wordbearers.

- Draken, si nos ennemis recherchent quelque chose, ou quelqu’un, cela peut avoir une importance pour la suite de la guerre. Les Dieux sont muets à ce sujet, mais il ne faut pas être grand oracle pour comprendre que nos frères égarés ont un but différent de la simple victoire. Nous devrions les accompagner dans leur quête…

Arius laissa passer quelques secondes de silence. Les mots allaient avoir leur importance, comme à chaque fois qu’il fallait ménager les susceptibilités de chacun.

- Non. Je ne changerai pas mes ordres sur de simples présomptions et ne lancerai pas l’Ost sur les traces de chimères et de fausses visions. Ce qui est en jeu, c’est la victoire et la conquête, pas une soi-disant quête. Mes Seigneurs, je ne cherche pas le statuquo, ou une voie de sortie. Je veux une victoire totale, écrasante, qui enverra un message clair aux séides du Faux Empereur. Ce que je veux, c’est voir la Première Légion et ses rejetons pendus à des crochets de boucher, les tripes livrées en festin aux charognards, pendant que nous polirons leurs crânes. Je veux voir chaque humain de ce monde, écorché et crucifié à la proue de nos vaisseaux alors que nous ferons route vers d’autres systèmes. Le reste ne présente aucun intérêt. Seule la victoire est importante. Nous poursuivrons donc les opérations comme prévu.

Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 67ème jour de la contre-offensive impériale, secteur du Chœur Astropathique.

Des dizaines de voix résonnaient dans son esprit. Bien que le terme « voix » soit en lui-même impropre à décrire ce qui traversait les pensées d’Agamemnon, il ne pouvait le formuler autrement de manière explicite. Il s’agissait plutôt de sensations, mais délicates à retranscrire dans le langage limité et imparfait des simples hommes. Alors, il se contentait de parler de voix. Agamemnon était assis en tailleur au centre du Chœur Astropathique de la Ruche, cherchant à maintenir le blocus des communications, tout en persévérant dans ses tentatives de contacter des renforts. L’effort était extrême et, plus d’une fois, le sorcier manqua de perdre pied face au harcèlement télépathique des Archivistes Dark Angels. Ce n’est que grâce à la présence des Thousand Sons qu’il avait pu tenir jusque-là, mais cette résistance ne pourrait durer indéfiniment et, déjà, il sentait les barrières qu’il avait érigées s’éroder face aux assauts psychiques des loyalistes.

Deux futurs lui permettraient de poursuivre son effort : l’arrivée d’autres de ses semblables ou bien la mort de ceux qui cherchaient à l’atteindre ici-même. La première option semblait bien compromise : pour pouvoir coordonner l’ensemble des opérations à l’échelle de la Ruche, le Night Lord avait détaché la plupart des Sorciers dans les différentes bandes de guerre et seuls quelques aspirants aux pouvoirs bien faibles avaient été affectés à son secteur. La seconde restait critique : considérées comme moins prioritaires, les Loges n’avaient été assaillies que par quelques escouades de Thousand Sons, manquant d’armement lourd. Lui-même avait été envoyé seul par son maître, privé de ses hommes, jugés plus à leur place dans l’assaut et la conquête des Bastions. Décidément, le sort s’acharnait contre lui…

Soudain, au milieu d’un brouillard de pensées, Agamemnon capta un écho à ses appels, comme un murmure ténu mais pourtant bien réel… Osant divertir une fraction de ses pouvoirs pour amplifier le signal, il tendit son esprit vers cette sourde présence.

+.uel.. est …re position ? …… en mouvement…. vous pour …for..ment .u di..osi..f+

C’était faible, très faible mais le Sorcier Iron Warrior puisa dans le Grand Océan pour s’accrocher à cet écho. Un mince espoir le renforçait et ce fut tout ce dont il eut besoin pour enfin accéder à la clarté :

+Ici la Fraternité. Tenez votre position et préparez-vous à nous recueillir ! Nous perçons vers vous.+

Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 80ème jour de la contre-offensive impériale, secteur des Bastions, Bastion Alpha 3.

Alpha 3 était un symbole de la résistance impériale sur Gilgamesh. Clef de voûte de la ligne de forts pour sa partie ouest, il avait résisté envers et contre tout, galvanisant les esprits depuis plus d’un an. Aucun assaut n’avait pu permettre aux forces du Chaos de prendre pied sur ses remparts, lesquels avaient pourtant supporté un pilonnage d’artillerie quasi constant. Commandée par le sergent Rafaël des Blood Angels, dernier survivant de son escouade Devastator, la garnison de près de 4000 hommes avait survécu aux subterfuges de l’ennemi, aux privations et à la fatigue, faisant flotter haut les couleurs impériales. Lorsque la plupart des autres forts de la zone ouest était tombée, ceux qui avaient pris le nom de « Sentinelles de Gilgamesh » avaient refusé le retrait tactique, arguant de leur devoir sacré de préserver ce morceau des domaines de l’Empereur-Dieu, mission que ces soldats avaient accomplie jusque-là avec brio.

Pour cette simple raison, Alpha 3 devait tomber… Aussi, là où les autres avaient échoué, on avait dépêché ceux qui étaient certainement les meilleures troupes de siège de la Galaxie. Déployés avec l’efficacité et la vitesse qui faisaient déjà leur réputation au cours de la Grande Croisade, les Iron Warriors de la XIIème Grande Compagnie, en vingt jours, avaient décuplé la pression : feu roulant, construction de sapes et de tranchées, harcèlement jour et nuit, tout était mis en œuvre pour emporter la décision le plus rapidement possible. Certorius, son Maître de Forge, avait identifié ce fort comme un verrou, s’engageant à le prendre en moins de deux mois et Wulfgar ne ferait pas mentir son chef. Le Commandeur du 2ème Bataillon d’Assaut dirigeait les opérations avec célérité, coordonnant les efforts de la Compagnie selon un plan rapidement défini et mis en œuvre. Ici, l’artillerie lourde pilonnait les remparts en vue de les affaiblir, là les pièces plus légères balayaient les murailles pour en chasser les occupants. Soixante-deux assauts avaient été lancés, à chaque fois avec les supplétifs et la chair à canon. Persuadés de pouvoir s’attirer les bonnes grâces de leurs maîtres, les humains s’étaient sacrifiés pour faire consommer toujours plus de munitions à l’ennemi, privé de ravitaillement depuis que le fort avait été totalement encerclé par le millier de Légionnaires vêtus de fer. Il n’y aurait pas de reddition. Fidèle à la tradition, Wulfgar avait proposé aux loyalistes de se rendre et vivre ou bien résister et être exterminés jusqu’au dernier. Entouré de ses Vétérans, il avait rencontré une délégation disparate menée par un Astartes, bien que dépenaillés et couverts de blessures, les Impériaux arboraient l’air farouche de ceux qui savent qu’ils n’ont plus rien à perdre… Les pourparlers avaient été de courte durée, à peine quelques minutes, et le premier coup de canon encore plus rapide à venir, visant symboliquement l’Aquila gravé au fronton de la redoute principale. L’aigle impérial avait été fracassé, s’écroulant en morceaux devant les portes renforcées de la forteresse. Depuis lors, les bombardements avaient été constants. Les projections tactiques indiquaient que le ratio des pertes impériales devait approcher les trois-quarts. La fin était proche…
Wulfgar se retourna pour observer l’assaut en préparation, celui qui serait décisif. Pour la première fois, les Légionnaires monteraient en ligne, derrière une décurie de Dreadnoughts menés par Hengist le Victorieux et avec les Terminators du 1er Bataillon en Fer de Lance. En réserve, 600 Légionnaires des 2ème, 3ème et 4ème Bataillons exploiteraient la percée et nettoieraient les lieux.

Il refit les calculs de probabilité des scénarios, pesant chaque action et la convertissant en chiffres. Le constat était sans appel : les Impériaux n’avaient aucune chance.

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Galthan Ironsturm
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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Mer 23 Juil - 19:33:29

Mais de rien, c'est amplement mérite.
Mais, ce n'est pas réellement la chronique côté 1 ère Légion, mais plutôt l'amorce de ma future force...disons que c'est le chaînon manquant entre nos Légions....
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rikikileur
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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Mer 23 Juil - 19:40:32

Sympa tous ce travail celtic Wink a quandl a suite? Very Happy
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Rigor Mortis
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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Jeu 24 Juil - 13:48:50

Est-ce que j'ai vraiment besoin de donner mon avis ? À par pour flatter ton égo j'attends.
Du texte très bien écrit, sans fautes, dans un style fluide et des paragraphe longs, qui détaillent une histoire guerrière qui, si elle ne se dénote pas spécialement par son originalité, montre des personnages complets avec une psyché plus approfondie que ce qui est devenu la norme actuelle. Je prends beaucoup de plaisir à lire et j'attends impatiemment la suite, mais prends ton temps car il faut maintenir le niveau Wink
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*Celtic_cauldron
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MessageSujet: Re: Chroniques de Gilgamesh   Jeu 24 Juil - 15:28:47

Merci Rigor. A défaut d'être original, ce qui est délicat, vue la profusion de textes existants, autant faire en sorte que cela soit distrayant et bien écrit.

Pour la peine, on poursuit sur cette seconde session.

Bonne lecture.

Celtic_Cauldron


Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 112ème jour de la contre-offensive impériale, 15ème district industriel.

Treachery progressait à la tête d’une meute de ses semblables : une dizaine de Rhinos avançant à vitesse de combat dans les rues dévastées et le chaos du 15ème district. Contournant la rue Rex Castagna par le nord, la 4ème Centurie avait coiffé l’avenue Gerhard Val et ses usines de production de céramite, pour mieux se déployer face  au Sud, tournant le dos à la menace loyaliste mais prête à accueillir ses frères du XXVème Ost, dont l’assaut victorieux avait finalement été stoppé par les Crusaders de la Première Légion. Petit à petit, les véhicules se scindèrent et bifurquèrent à différents embranchements et c’est finalement seul que le véhicule de tête se dissimula dans les ruines de ce qui avait dû être une aciérie. Dans l’obscurité des lieux, il devenait complexe à détecter, seules les runes marquant son toit et ses flancs scintillant faiblement.

Les portes s’ouvrirent et les occupants du transport jaillirent pour prendre position selon un schéma certainement répété de nombreuses fois au cours des millénaires. Derniers à descendre, Van Kordal et Kal Dragart inspectèrent les lieux et vérifièrent que l’ensemble du dispositif de la Centurie était en place. Le dernier compte-rendu reçu, les deux officiers retournèrent à l’arrière du Rhino, pour entamer la longue attente de leur ennemi.

- Combien, à ton avis ? demanda le Premier Acolyte. Sa voix, devenue rocailleuse à force de hurler les enseignements de Lorgar durant les combats, était étouffée par le crâne grimaçant qui lui servait de casque.

- Les Dark Angels ont la supériorité tactique : meilleur matériel, liberté d’action… Crassus a déjà perdu trois chars. Quant à Dioclétien… Sa Centurie manque d’armes adaptées au combat antichar sur ce terrain. Donc, je table sur deux à trois Land Raiders et cinquante à soixante Astartes.

Kal Dragart écouta ce commentaire en silence. Le sens tactique et l’intelligence de Van Kordal n’égalaient pas ceux d’Horatius ou de Dioclétien mais, à la différence des Terriens, il compensait ses lacunes par une foi inébranlable et fanatique envers le Panthéon. C’est pour cette raison, ainsi que pour tirer parti de son ambition démesurée qu’il en avait fait son Champion et lui avait promis le poste de Coryphée sitôt l’Ost purgé des anciens Iconoclastes.

- Un drame pour les 7ème et 3ème Centuries, un drame pour l’Ost, tant de morts irremplaçables, tant de matériels perdus…

Le ton était ironique. Une ironie cruelle et calculée comme si l’héritier de Morkar savourait une bonne histoire dont lui seul aurait connu la chute. Van Kordal serra les poings d’une froide colère patiemment mûrie.

- Purgé de ses éléments hérétiques, l’Ost retrouvera la faveur des Dieux et du Conseil Noir. Depuis trop de temps, nous subissons les avanies des Terriens et leur permanente traîtrise !

- Paix, mon Champion… N’oublie pas qu’il restera encore de l’ouvrage pour nous avant que nous puissions revenir vers Sicarus autrement qu’en parias. Nos frères condamnés gardent de nombreux appuis, à commencer par l’élite de notre Ost.

- Les Endeuillés ne m’effraient pas. Avec la faveur des Dieux, je les ferai brûler un à un, puis j’empalerai Horatius avant de te livrer la tête de Morkar…

- … ce qui marquera la concrétisation de notre alliance. Les Gal Vorbak t’aideront, puis tu prendras leur commandement, ainsi que la place qui te reviendra auprès de moi.

Leur discussion fut interrompue par l’arrivée d’un des frères de la 4ème Coterie.

- Maîtres, toutes les coteries sont en place, en mesure de recueillir nos frères. Les escouades lourdes sont en premières ligne et celles d’assaut en réserve, comme ordonné. La 17ème Coterie a réalisé un premier contact radio avec la 3ème Centurie : leur progression est lente et difficile. Arrivée estimée dans trois à quatre heures.

Après avoir congédié d’un signe de tête le Légionnaire, Van Kordal se tourna, triomphant, vers celui auquel il avait lié son destin.

- Je revois mon jugement : nos frères seront totalement annihilés. J’y veillerai personnellement…

Ruche Gilgamesh, capitale de la planète Gilgamesh M41996, 112ème jour de la contre-offensive impériale, secteur des bas-fonds.

Les Dark Angels s’étaient déployés en force : des escouades Terminators, quelques chars, appuyés par des pelotons d’humains équipés de vêtements de protection et de masques à gaz. Retranchés et protégeant les accès à la bourgade, ils avaient pu évacuer quelques centaines de civils terrorisés vers l’étage supérieur de la Ruche. Il fallait maintenant gagner du temps et ralentir la horde pestiférée en marche.

Par vagues entières composées de centaines de cadavres ambulants, les morts en marche s’écrasèrent sur les défenses impériales. La Deathwing les y attendait et les repoussa, incinérant les zombies, les démembrant au contact. Incapables de s’adapter à cet ennemi, les revenants de Grand-Père Nurgle étaient surpassés par cet adversaire fantastique mais continuaient à s’agglutiner en masse contre les barricades de fortune, menaçant de les faire plier sous le seul poids du nombre. Après quelques minutes d’un combat qui avait paru ne pas en finir, les rangs des Pestiférés finirent pourtant par se clairsemer, le flot finissant par se tarir. A perte de vue, un océan de cadavres, déchiquetés par les bolts, les tirs de laser et les shrapnels, s’étendait aux pieds des Fils du Lion. Cette bataille n’avait rien eu de glorieux. Cela ne s’était résumé qu’à une vaste boucherie, les défenseurs frappant à coups répétés sur un ennemi qui ne connaissait pas la peur et la douleur : plusieurs impacts avaient souvent été nécessaires pour éteindre la lueur verdâtre illuminant le regard de ces créatures infernales. Zadkiel, à la tête de son escouade, estimait les pertes ennemies ou du moins essayait : il semblait impossible de les chiffrer, tant les restes étaient éparpillés… De leur côté, les Impériaux n’avaient subi que des dommages légers, tout au plus une dizaine d’humains et aucun membre de l’Astartes.

Une demi-douzaine d’heures passèrent ainsi et les défenseurs de ce village sans nom en vinrent à penser que l’ennemi ne viendrait plus. Au loin, des nuages s’amoncelaient, un bourdonnement lancinant annonçant l’orage à venir. Il fallut plusieurs longues secondes à Zadkiel pour réaliser son erreur : comment pourrait-il y avoir un orage dans un lieu souterrain ?  Le sergent Terminator força sa vue et mit son escouade en alerte. Le nuage avançait vite vers eux et son bruit s’intensifiait, comme un million de crissements. Il songea que cela lui rappelait les Tyranides et le bruit de la chitine frottant contre la chitine. Alors, il comprit…

- Deathwing ! A vos postes ! Ennemi en approche !

Comme un seul homme, les impériaux tombèrent en garde. Telles une calamité sortie des premiers âges de l’Humanité, les mouches s’abattirent sur les barricades, cherchant à obstruer les ouvertures des armures et des armes, cherchant un chemin vers la chair tendre. Protégés par leurs armures, les Dark Angels tinrent leur position, repoussant les insectes maudits par de grands moulinets de leurs armes d’assaut. En revanche, les protections des humains s’avérèrent plus fragiles et plus d’un vaillant soldat qui avait survécu fut infecté, les corps gonflant à une vitesse exponentielle avant d’exploser dans un grand jet de pus jaunâtre et de viscères malades. Une puanteur indescriptible envahit la zone et la ligne de défense devint un charnier.

_________________
"Tuer pour les Vivants...Tuer pour les Morts..."

En blanc, je discute. En jaune, je suis Berserk.

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